Pendant que la France enterre son Minitel, l’Île de France expose son ambition numérique à “Futur en Seine”. Oui, l’exemple peut venir de France !
Ce 30 juin, la France a débranché le Minitel, son « Internet avant l’heure ». L’occasion pour la génération 3615 de verser une larme nostalgique sur ses premiers émois digitaux. Avatar numérique de l’exception française, le minitel a beau être resté sans équivalent hors des frontières de l’Hexagone, quel succès quand même : la retraite de ce service de télétexte laisse orphelins un million d’utilisateurs ! Oui, en 2012, à l’heure de l’Internet mobile…
Et si le Minitel nous inspirait ?
On peut en sourire mais il est bon de se souvenir des origines du Minitel. C’est le site public www.essonneinfo.fr qui le rappelle dans un article qui invite à la réflexion : « En 1977, avec la remise du rapport au président Valéry Giscard d’Estaing, sur l’informatisation de la société, … la France se lance dans la recherche sur la transmission de données par les lignes téléphoniques. C’est ainsi qu’est né le Minitel, avec comme idée d’entrer dans chaque foyer. Les Français étaient alors les seuls au monde à disposer d’un service permettant la consultation de l’annuaire, la réservation des billets de trains ou d’avions, la gestion des comptes bancaires ou encore l’utilisation de jeux en ligne depuis un terminal informatique. »
Voilà une ambition visionnaire avec laquelle on gagnerait aujourd’hui à renouer. Sans doute les conditions qui ont permis de lancer cette aventure technologique et industrielle dans la France de la fin des années 70 n’ont plus cours aujourd’hui. Nos PC, portables, smartphones et autres tablettes voient le jour sous d’autre cieux. En revanche, les services qu’ils nous permettent d’utiliser, nous pouvons les inventer ici. Encore faut-il que nos économies et nos sociétés s’y convertissent jusque dans leurs modes de pensée…
Faire du numérique l’affaire de tous
À cet égard, c’est à nouveau vers la France – oui, oui – que les regards peuvent se tourner, plus précisément vers la Région Île de France où s’est tenue, du 14 au 24 juin, la 3e édition de « Futur en Seine ». Ce festival, organisé par Cap Digital, le pôle de compétitivité de la filière francilienne des contenus et services numériques, se veut une manifestation à la fois professionnelle et grand public, festive et réflexive. Et cela attire du monde : quelque 80 000 personnes ont participé à l’édition 2011 !
Futur en Seine, c’est notamment un « village numérique » de 3 000 m² où le public peut découvrir les objets et services de demain mais aussi des ateliers et conférences animés par les créateurs, chefs d’entreprise, designers et chercheurs qui font l’innovation numérique aujourd’hui. Cette année, le festival a notamment braqué ses projecteurs sur les innovations pour les enfants comme les livres enrichis, les jeux éducatifs ou encore le mobilier numérique pour penser le futur à l’école. Des dizaines d’entreprises ont présenté leurs technologies au service des plus petits. Par ailleurs, Futur en Seine place également l’accent sur les filières numériques, en invitant par exemple les jeunes à découvrir les écoles spécialisées qui forment aux emplois de demain.
Cet événement fédérateur, largement relayé par les médias, la télévision notamment, est une authentique réussite à épingler. Et un exemple à suivre. À quand un « Futur en Senne » pour faire du numérique l’affaire et l’ambition de tous les Bruxellois ?